En plein conflit armé à Gaza, alors que toutes les caméras du monde sont braquées sur Israël et ses voisins et que l’opinion publique internationale se mobilise massivement, le JT de 13h de France 2 relance une nouvelle fois le débat de la fiabilité de la couverture médiatique en temps de guerre et de la manipulation - voulue ou non – des images. Des “erreurs” inacceptables qui peuvent avoir des conséquences catastrophiques… La plus grande prudence est donc de mise, surtout lorsque pour “produire” l’image qui marquera les esprits, le Hamas utilise – à l’image du Hezbollah en 2006 – les populations civiles comme boucliers humains.
Rappelons-nous les dégâts irréparables causés par le montage du reportage de France 2 autour de ”l’affaire” Al-Dura, rappelons-nous ceux causés par les dizaines de photos truquées par un journaliste de Reuters lors de la guerre au Liban en 2006.
Cette fois-ci, “l’erreur” de France 2 attribue à Tsahal pour illustrer le conflit actuel des images datant du 23 septembre 2005, suite à l’explosion d’un camion rempli de roquettes infiltrées par le Hamas à Gaza après une frappe israélienne dans le camp de Jabalya.
Etienne Leenhardt, directeur-adjoint de l’information de France 2, a reconnu “un dysfonctionnement interne de vérification de l’info” et la chaîne a présenté ses excuses.
Pour la “com” du Hamas, c’est une victoire, et le mal est fait. La conscience collective est acquise. Ce sont en effet ces mêmes images qui constituent souvent le seul moyen d’information dont dispose l’opinion.
A cela viennent s’ajouter les inexactitudes verbales récurrentes des commentaires où Sderot, Ashkelon, Beer-Sheva et Ashdod ne sont que des “villages” en plein désert, dixit le JT de 20h du 4 janvier 2009, toujours sur France 2. Respectivement ces villes comptent 24.000, 107.900, 190.000 et 208.100 habitants. Que dire des roquettes Kassam et des missiles Grad “made in Iran”, qui ne sont que des “roquettes artisanales” ne causant que des dégâts mineurs. Faut-il rappeler que l’absence de victimes civiles israéliennes en grand nombre n’est dû qu’au travail acharné des autorités, à la présence d’abris à tous les coins de rue en Israël et de pièces “bunkerisées” dans tout appartement ou maison récents ?
Inutile de préciser les dangers de tels détournements. C’est ainsi que l’exemple du Hezbollah au Liban en 2006 a fait école et risque de constituer l’axe stratégique majeur de la communication des zones de conflits où il existe un risque réel d’instrumentalisation des populations civiles, utilisées comme boucliers humains.
Cette méthode s’avère finalement particulièrement efficace dans la mobilisation des opinions publiques internationales contre un ennemi militairement supérieur et soucieux de toucher – dans la mesure du possible – les populations civiles.
Nous devons par conséquent nous attendre à voir cette stratégie de communication se généraliser dans les conflits à venir, puisque cela marche. L’opinion publique, ”conquise” par le cynisme de combattants qui se cachent parmi la population ou appellent la population à les protéger, se retrouve malgré elle dans une situation où elle finit par cautionner l’abominable.
Les deux documents ci-dessous en sont une illustration : l’un montre un “flash info” de la télévision gazaouite (qui contourne les attaques en diffusant via des satellites européens) appelant les civils à se rendre avec des enfants au domicile d’un militant du Hamas ; l’autre se passe tout simplement de commentaire.
Publié par Tom Doron
Militant du mouvement “La paix maintenant”, Amos Oz écrivait le 26 décembre dernier dans le quotidien Yediot Ahronot une tribune sur sa vision de la crise avec le Hamas. Un point de vue intéressant. Il ne s’agit plus du tout de faire de la politique. Il s’agit tout simplement de mettre un terme à un cauchemar qu’Israël vit au quotidien depuis des années sans que cela ne gène personne. D’ailleurs, l’opinion publique dans son ensemble n’a aucune connaissance de se qui se passe en Israël depuis 8 ans maintenant. Sans mentionner le public friand des théories du complot, selon lequel “on ne nous dit pas tout”, et Israël aurait tout inventé ! Comme d’habitude, le vieux dicton des pères fondateurs se vérifie : si nous ne nous défendons pas, personne ne le fera pour nous…
Yedioth Aharonot publie, lundi 29 décembre 2008, l’intégralité du discours que l’ambassadeur israélien aux Nations Unies, Mme Gabriela Shalev, devrait prononcer dans le cadre de l’opération « Plomb Durci » à Gaza. En voici quelques extraits traduits en français. 


