Médias en temps de guerre, détournement des images et instrumentalisation des populations civiles

janvier 6, 2009

En plein conflit armé à Gaza, alors que toutes les caméras du monde sont braquées sur Israël et ses voisins et que l’opinion publique internationale se mobilise massivement, le JT de 13h de France 2 relance une nouvelle fois le débat de la fiabilité de la couverture médiatique en temps de guerre et de la manipulation - voulue ou non – des images. Des “erreurs” inacceptables qui peuvent avoir des conséquences catastrophiques… La plus grande prudence est donc de mise, surtout lorsque pour “produire” l’image qui marquera les esprits, le Hamas utilise – à l’image du Hezbollah en 2006 – les populations civiles comme boucliers humains.

Rappelons-nous les dégâts irréparables causés par le montage du reportage de France 2 autour de ”l’affaire” Al-Dura, rappelons-nous ceux causés par les dizaines de photos truquées par un journaliste de Reuters lors de la guerre au Liban en 2006.

Cette fois-ci, “l’erreur” de France 2 attribue à Tsahal pour illustrer le conflit actuel des images datant du 23 septembre 2005, suite à l’explosion d’un camion rempli de roquettes infiltrées par le Hamas à Gaza après une frappe israélienne dans le camp de Jabalya.

Etienne Leenhardt, directeur-adjoint de l’information de France 2, a reconnu “un dysfonctionnement interne de vérification de l’info” et la chaîne a présenté ses excuses.

Pour la “com” du Hamas, c’est une victoire, et le mal est fait. La conscience collective est acquise. Ce sont en effet ces mêmes images qui constituent souvent le seul moyen d’information dont dispose l’opinion.

A cela viennent s’ajouter les inexactitudes verbales récurrentes des commentaires où Sderot, Ashkelon, Beer-Sheva et Ashdod ne sont que des “villages” en plein désert, dixit le JT de 20h du 4 janvier 2009, toujours sur France 2. Respectivement ces villes comptent 24.000, 107.900, 190.000 et 208.100 habitants. Que dire des roquettes Kassam et des missiles Grad “made in Iran”, qui ne sont que des “roquettes artisanales” ne causant que des dégâts mineurs. Faut-il rappeler que l’absence de victimes civiles israéliennes en grand nombre n’est dû qu’au travail acharné des autorités, à la présence d’abris à tous les coins de rue en Israël et de pièces “bunkerisées” dans tout appartement ou maison récents ?

Inutile de préciser les dangers de tels détournements. C’est ainsi que l’exemple du Hezbollah au Liban en 2006 a fait école et risque de constituer l’axe stratégique majeur de la communication des zones de conflits où il existe un risque réel d’instrumentalisation des populations civiles, utilisées comme boucliers humains.

Cette méthode s’avère finalement particulièrement efficace dans la mobilisation des opinions publiques internationales contre un ennemi militairement supérieur et soucieux de toucher – dans la mesure du possible – les populations civiles.

Nous devons par conséquent nous attendre à voir cette stratégie de communication se généraliser dans les conflits à venir, puisque cela marche. L’opinion publique, ”conquise” par le cynisme de combattants qui se cachent parmi la population ou appellent la population à les protéger, se retrouve malgré elle dans une situation où elle finit par cautionner l’abominable.

Les deux documents ci-dessous en sont une illustration : l’un montre un “flash info” de la télévision gazaouite (qui contourne les attaques en diffusant via des satellites européens) appelant les civils à se rendre avec des enfants au domicile d’un militant du Hamas ; l’autre se passe tout simplement de commentaire.


Les chiffres de l’opération israélienne à Gaza

janvier 4, 2009
• Plus de 9400 missiles et roquettes tirés sur Israël à partir de la Bande de Gaza depuis 2003 (plus de 5 missiles par jour en moyenne).

• Plus de 3200 missiles et roquettes tirés sur Israël à partir de la Bande de Gaza pour la seule année 2008 –malgré les 6 mois de “trêve”, c’est à dire une moyenne de près de 9 missiles par jour.

• Plus de 6500 missiles et roquettes tirés sur Israël à partir de la Bande de Gaza depuis l’été 2005 –date à laquelle Israël a totalement évacué la Bande de Gaza.

• Plus de 647 missiles et roquettes tirés sur Israël à partir de la Bande de Gaza depuis 19 décembre 2008 date à laquelle la “trêve” a pris fin jusqu’au début de l’opération “Plomb durci”.

• Plus de 400 missiles et roquettes ont été tirés depuis le début de l’opération “Plomb durci”.

• 750.000 civils israéliens vivent sous la menace des tirs du Hamas.

• Plus de 1000 blesses et 34 morts civils israéliens depuis 2003 victimes des tirs du Hamas à partir de la Bande de Gaza.

• 15 secondes seulement : c’est le temps dont disposent les civils israéliens pour trouver un abri pour tenter de se protéger lorsque la siréne annonçant un tir de roquette est déclenchée !

• 8 années de retenue et de modération au cours desquelles Israël a exploré et essayé toutes les options pour mettre un terme aux tirs aveugles du Hamas contre la population civile du Sud d’Israël.

• Et bien entendu : 3 années de tentative de responsabilisation de l’autorité palestinienne avec le retrait total de la bande de Gaza par Israël. Le but : créer les conditions de la création d’un état palestinien viable (notamment avec les moyens exorbitants mis à sa disposition par la communauté internationale). Résultat : échec total, expoitation des ressources fournies à des fins belliqueuses, dans l’indifférence générale, malgré les avertissements trop nombreux d’Israël.  


Amos Oz : Israël doit protéger ses citoyens

décembre 31, 2008

foto957_12Militant du mouvement “La paix maintenant”, Amos Oz écrivait le 26 décembre dernier dans le quotidien Yediot Ahronot une tribune sur sa vision de la crise avec le Hamas. Un point de vue intéressant. Il ne s’agit plus du tout de faire de la politique. Il s’agit tout simplement de mettre un terme à un cauchemar qu’Israël vit au quotidien depuis des années sans que cela ne gène personne. D’ailleurs, l’opinion publique dans son ensemble n’a aucune connaissance de se qui se passe en Israël depuis 8 ans maintenant. Sans mentionner le public friand des théories du complot, selon lequel “on ne nous dit pas tout”, et Israël aurait tout inventé ! Comme d’habitude, le vieux dicton des pères fondateurs se vérifie : si nous ne nous défendons pas, personne ne le fera pour nous… Lisez la suite de cette entrée »


Où étiez-vous ces 7 dernières années quand les écoliers de Sderot étaient bombardés chaque jour ?

décembre 30, 2008

n1906665_37486852_80061Yedioth Aharonot publie, lundi 29 décembre 2008, l’intégralité du discours que l’ambassadeur israélien aux Nations Unies, Mme Gabriela Shalev, devrait prononcer dans le cadre de l’opération « Plomb Durci » à Gaza. En voici quelques extraits traduits en français. Lisez la suite de cette entrée »


La faute de grammaire la plus célèbre d’Israël en musique…

novembre 16, 2008

On trouve vraiment tout sur Internet ! Cette fois, il s’agit d’une perle datant de la fin des années 50 : les chanteuses et chanteurs de l’une des toutes premières troupes musicales de Tsahal (l’armée israélienne), avec une chanson intitulée “douze tonnes”. Le titre de la chanson comprend une faute d’accord du nombre avec le genre… “Douze tonnes”, c’est l’obsession du pionnier kibboutznik qui n’a plus qu’une seule idée en tête : récolter 12 tonnes de… quoi que ce soit, pourvu que l’on en ait… 12 tonnes !

שתים-עשרה טון, כן שתים-עשרה טון, זה חלום כל משק ושיא החזון

שתים-עשרה טון, לא חשוב של מה, חסה קלבסה, תפוח אדמה


Lihi Shulov, le regard d’une peintre trentenaire sur Israël

novembre 14, 2008

Lihi Shulov (לי-היא שולוב) est une jeune artiste peintre de Jérusalem. Nous sommes amis depuis 10 ans. J’ai pu suivre son parcours depuis son entrée à l’académie des beaux arts de Jérusalem (Betzalel). Je vous propose de la découvrir à travers des photos de ses derniers travaux.

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Arik Einstein (2) : une interprétation rare de Bialik

septembre 10, 2008

Voici une première video pour vous présenter une des facettes d’Arik, et pas n’importe laquelle… Un texte sublime et cruel signé Bialik (1873-1934), un des plus grands poètes de langue hébraïque ; une musique taillée sur mesure par Miki Gabrielov ; une interprétation parfaite, qui donne tout son sens aux mots. Un morceau qui m’émeut toujours. Et vous ? Lisez la suite de cette entrée »


Arik Einstein (1) : le père du rock israélien

septembre 7, 2008

Comme prévu, je vous propose une série de vidéo-billets sur Arik Einstein. De l’interprétation des grands poètes hébraïques à la naissance du rock israélien, en passant par la musique populaire d’Israël, Einstein est sans aucun doute l’artiste qui a le plus influencé la culture en Israël. Voici donc une série de vidéos pour découvrir Arik. Avant tout, une bio s’impose ! Les vidéos suivront, c’est promis ! Lisez la suite de cette entrée »


Quand un chanteur israélien rencontre Baudelaire

septembre 5, 2008

Il s’appelle Maor Cohen (מאור כהן) – acteur génial, humoriste tordant (!), musicien talentueux. Mais surtout, artiste surprenant. Je m’en rends compte à chaque fois que je regarde l’émission satirique Eretz Nehederet (ארץ נהדרת), à chaque fois que je réécoute ses disques ; je m’en suis rendu compte lorsque j’ai découvert un disque intitulé Les Fleurs du Mal… Lisez la suite de cette entrée »


Sionah Tagger (1900-1988), pionnière de l’art israélien

septembre 4, 2008

“La peinture m’a donné le droit de vivre.” C’est ce que déclarait Sionah Tagger (ציונה תג’ר) à 80 ans. Un sentiment qui semble caractériser le peintre et la femme.

Bravant son temps et les conventions sociales, Sionah Tagger a connu un parcours exceptionnel, de Betzalel, la prestigieuse Académie des beaux arts israélienne, à Paris ; de l’Association des Peintres et Sculpteurs, dont elle fut l’une des fondatrices, à la “ colonie des artistes ” de Safed.

Je vous recommande donc très chaleureusement un site en anglais et en hébreu, entièrement consacré à cette artiste. Un véritable voyage à travers son histoire – entremêlée à celle d’Israël, ses huiles, aquarelles et esquisses.